Le hasard de l'évolution a fait du plus primitif des primates un être doué d'une intelligence particulière, cette intelligence est alors mise au service de la création d'une société régie plus que par des lois par des m½urs.
Qu'est ce qui nous éloigne du mouton et qui nous pousse a nous considérer impropres aux activité les plus animales, aux activités les plus profondément ancrées dans nos gènes ? Le mouton qui appartenant à une société « le troupeau » fera ce que la société fera, il ne posera pas de question quand cette société se précipitera du haut de la falaise. Que fait l'homme de plus pour éviter le précipice si ce n'est penser et se dire que c'est la fin sans réagir ? Qu'est ce qui nous éloigne tant du mouton ? Lorsqu'un mouton ne suit pas les autres, quand il considère de son propre chef que la falaise est bien trop haute et que sa voie est meilleure, il est stigmatisé par les autres, qui le pointent du doigt dans leur chute. La marginalisation d'un être n'est néfaste pour l'être marginalisé que si celui ci n'assume pas son état. Il souffre d'ailleurs plus de son ignorance de son état que de son état lui même.
Le marginal qui s'assume est unique. Rare sont les êtres qui s'assument totalement, tels qu'ils sont. Chaque époque à son lot de marginaux, qu'ils soient religieux, politiques, sexuels ou encore culturels. La société humaine est régie par la loi de la majorité, qui fait de l'opinion générale et majoritaire, la doctrine à suivre.
Les hommes qui grandissent au sein de cette société directrice n'ont que de faibles chances de se rendre compte qu'ils passent à coté d'une autre vie, que celle qui leur est proposé. Si chaque personne s'interrogeant comme nous le faisons tous à certains moments clés de notre existence, pouvait par sa seule volonté apprécier les solutions alternatives que la vie pourrait lui offrir, alors être marginal serait un non sens puisque chaque être choisirait sa voie différente de celle de tous. Bien sur chaque existence est unique, mais jusqu a quel point ? Comment peut on prétendre chacun à notre unicité propre si le canevas de notre société est lui par contre unique. Quoi qu'on pense ou dise la société forme des générations de clones, bercés par de douces mélodies concernant l'amour, le respect, la justice, la foi, les choix de vie. Pourquoi est-ce mal de voler, de tuer, de croire en autre chose qu'une force mystique et universelle ? Pourquoi la vie doit-elle s'articuler pour nous tous autour de l'amour, du sexe, de l'argent et de la reconnaissance ?
Si tout était multiplié a volonté, si les m½urs permettait à tous de faire ce que bon lui semble, si l'éventail des choix de vie s'articulait a la manière d'un arbre statistique, a volonté, infini et inimaginable, si chaque être choisissait sa forme de vie, son type de société. La liberté prendrait un autre sens et deviendrait une nation peuplée de libertins, citoyens dévoués à cette patrie, maîtres de leurs choix et imperméables à toute interférence à leur bonheur.
lundi 15 mai 2006 à 3h28